Après plus de 9 000 kilomètres de rails depuis Moscou, me voilà arrivé à Vladivostok. Ce nom m’a toujours évoqué l’extrême, le lointain, presque un mirage. Et pourtant, je suis bien là, au bord de la mer du Japon, à mi-parcours de mon périple vers le Japon sans prendre l’avion.
C’est ici que s’achève le Transsibérien. Et pour moi, c’est à la fois la fin d’un chapitre et le début d’un autre. Quand le train s’immobilise à quai pour la dernière fois, un mélange d’émotion et de soulagement m’envahit. Vladivostok, c’est le bout du monde ferroviaire russe, et y arriver par la voie lente donne au mot « terminus » une résonance particulière.
Une traversée du continent en train
Le train n’est pas qu’un moyen de transport : c’est une façon de s’imprégner d’un pays. Pendant les jours passés à bord, j’ai vu défiler la taïga, des plaines enneigées et des gares figées dans le froid. On se laisse porter par le rythme lent du rail, on observe, on lit, on discute autour d’un thé brûlant. Le temps prend une autre dimension.
Chaque kilomètre parcouru est ressenti physiquement, et rend l’arrivée à Vladivostok d’autant plus forte. Pour en savoir plus, j’ai compilé 12 infos surprenantes sur le Transsibérien qui donnent une idée de l’ampleur du voyage.
La gare de Vladivostok : le km 9288
Avant même de sortir de la gare, prenez le temps de l’admirer. La gare de Vladivostok est un bijou architectural de style néo-russe, inaugurée en 1893. Ses façades ornées et ses arches élégantes rappellent la gare de Iaroslavl à Moscou — ce n’est pas un hasard, car les deux gares marquent les extrémités du Transsibérien.
Devant l’entrée principale, une stèle indique le kilomètre 9288, la distance exacte entre Moscou et Vladivostok. C’est le spot photo incontournable pour tout voyageur arrivant par le rail. À côté, une vieille locomotive à vapeur exposée rappelle les premières années de la ligne.
Une ville à la croisée des mondes
Vladivostok m’a surpris. Je m’attendais à une ville grise et militaire, mais j’ai trouvé une cité vivante, vallonnée, ouverte sur l’océan. On sent l’influence asiatique, mais aussi une forte présence européenne, héritée de son passé impérial et soviétique.
La cathédrale de l’Intercession

La cathédrale de l’Intercession est sans doute le monument le plus photogénique de Vladivostok. Ses bulbes colorés se détachent sur le ciel hivernal. L’intérieur, richement orné d’icônes et de dorures, invite au recueillement.
La place centrale et le monument aux combattants de la révolution

La place centrale de Vladivostok est dominée par un imposant monument soviétique dédié aux combattants de la révolution. Tout autour, la vie quotidienne bat son plein : passants emmitouflés, commerces, tramways. C’est un point de départ idéal pour explorer la ville à pied.
La baie de l’Amour gelée

En hiver, la baie de l’Amour (Amursky Zaliv) se transforme en une immense étendue de glace. La mer, habituellement mouvante, est figée à perte de vue. Les habitants n’hésitent pas à marcher sur la glace, certains s’y promènent en famille, d’autres y pêchent à travers des trous percés dans la couche gelée. J’ai moi-même fait quelques pas sur cette surface craquante — une sensation grisante et irréelle. Le silence est total, rompu seulement par le vent. Depuis les hauteurs de la ville, la vue sur cette baie immobile est inoubliable.
Le pont de la Corne d’Or : icône moderne de Vladivostok
Impossible de passer à Vladivostok sans admirer le pont de la Corne d’Or (Zolotoy Rog), inauguré en 2012 pour le sommet de l’APEC. Ce pont à haubans de plus de 1 400 mètres enjambe la baie et relie le centre-ville à la partie est de la cité. De nuit, illuminé de bleu et de blanc, il offre un panorama magique depuis Eagle’s Nest Hill. C’est le symbole du Vladivostok moderne, une ville qui regarde autant vers l’Asie que vers l’Europe.
Les influences asiatiques de Vladivostok
Ce qui m’a le plus surpris à Vladivostok, c’est la présence asiatique omniprésente. La ville est plus proche de Tokyo, Séoul et Pékin que de Moscou, et ça se ressent au quotidien. Les restaurants coréens sont partout, on trouve d’excellents japonais et chinois à des prix très raisonnables.
Dans les rues, les voitures japonaises d’occasion dominent — le volant à droite est la norme ici. Les enseignes en caractères coréens ou chinois côtoient le cyrillique. Cette hybridité culturelle donne à Vladivostok une atmosphère unique en Russie, un avant-goût de l’Asie qui m’attendait de l’autre côté de la mer.
Voyager sans avion, une autre manière de relier les mondes
J’ai choisi ce mode de voyage par conviction : réduire mon empreinte carbone, mais aussi redécouvrir la géographie. Trop souvent, on saute d’un point à l’autre sans comprendre ce qui les relie. En traversant la Russie en train, je ressens le poids des distances et les cultures qui se croisent.
Prendre le temps d’arriver change tout. Pour ceux qui envisagent un séjour prolongé en Russie, j’ai partagé mon expérience sur l’extension du e-visa russe à 30 jours, un sujet pratique important à connaître avant de partir.
Infos pratiques pour Vladivostok
Arriver en train :
Le train n°2 « Rossiya » relie Moscou à Vladivostok en 6 à 7 jours. Plusieurs compagnies régionales proposent aussi des trajets avec escales (Ekaterinbourg, Irkoutsk, Oulan-Oude…). Réservation possible sur le site officiel eng.rzd.ru (en anglais et via VPN), ou via RussianRailways.
Hébergement :
Vladivostok propose une bonne gamme d’hébergements : hostels pour backpackers, petits hôtels locaux ou appartements. Personnellement, j’ai opté pour un logement central à proximité de la place centrale, pour pouvoir explorer à pied via ZenHotel.
Où manger :
La ville offre une cuisine variée, notamment coréenne, japonaise et russe. À tester : les pelmeni farcis au crabe, les soupes de fruits de mer, ou encore les petits cafés locaux avec vue sur la baie. Pour une expérience simple et économique, les stolovaya (cantines russes) sont une bonne option.
Meilleure période :
L’hiver offre le spectacle de la baie gelée (-15°C/-20°C). L’été (juin-août) est clément (20-25°C) et permet de profiter des plages.
Langue :
L’anglais est peu parlé, mais les applis de traduction (Yandex Translate, Google Translate) sont efficaces.
Astuce :
Télécharge la carte hors-ligne de Vladivostok sur Organic Maps ou Maps.me avant d’arriver. Très utile une fois sur place.
Mon avis
Vladivostok restera pour moi l’un des moments les plus forts de mon voyage. Arriver ici par le rail, après avoir traversé tout un continent, donne une profondeur au mot « voyage » que l’avion ne pourra jamais offrir. Cette ville, entre la taïga et le Pacifique, incarne l’immensité de la Russie et la richesse de ses contrastes.
C’est aussi une porte ouverte sur l’Asie — depuis Vladivostok, le ferry vers la Corée du Sud ou le Japon n’est qu’à quelques heures. La transition parfaite entre le chapitre russe et le chapitre asiatique de mon aventure. Un terminus qui n’en est pas vraiment un.
🧭 Articles dans le même thème :





Laisser un commentaire