J’écris ces lignes depuis un fauteuil massant dans un centre commercial de Tokyo. Trente jours que je suis au Japon. Trente jours que je vis ici, que je travaille ici, que je découvre ce pays au quotidien. Et il est temps de faire le point.
Ce bilan, je ne l’écrirai pas comme un guide ni comme un plan structuré. Plutôt comme un carnet de bord : mes impressions brutes, mes galères, mes surprises — et ce que j’ai appris après un mois en immersion au pays du Soleil levant.
L’objectif atteint : le Japon sans prendre l’avion
Le constat le plus important, c’est que l’objectif est rempli. Quand j’ai lancé le projet Nomade sur rails, beaucoup pensaient que c’était irréaliste : rejoindre le Japon depuis la France, uniquement en train et en ferry, dans une démarche de voyage bas-carbone. Aujourd’hui, c’est fait. Et je mesure encore mal à quel point c’est surréel.
L’excitation du voyage a laissé place à une forme de stabilité. Ce n’est plus un périple, c’est une vie quotidienne — mais à 10 000 km de chez moi. Et c’est peut-être ça, le plus déstabilisant.
Se loger à Tokyo : la galère des premiers jours
Quand mes amis sont repartis, j’ai passé dix jours en hôtel capsule. Pas par choix, mais parce que trouver un logement au Japon pour un mois est un vrai parcours du combattant. Les prix sont élevés, les plateformes pas toujours adaptées aux séjours moyens, et la barrière de la langue complique les choses.
Honnêtement, ces dix jours ont pesé sur le moral. L’hôtel capsule, c’est pratique pour une nuit ou deux — mais au bout d’une semaine, l’absence d’espace personnel se fait sentir. Si tu prépares un long séjour au Japon, je te conseille de lire mes astuces pour choisir son hébergement en voyage solo avant de partir.
À partir de la troisième semaine, j’ai enfin eu mon propre appartement pour un mois. Tout a changé : un vrai espace, une cuisine, un bureau. Le soulagement.
Travailler en freelance depuis Tokyo
Mon rythme ici : trois jours de travail, quatre jours de découverte. L’équilibre parfait — et parfois je me dis que je pourrais même inverser la balance. C’est la magie du freelance : tu n’es plus contraint par des congés, tu construis ton emploi du temps.
J’ai testé plusieurs espaces de coworking à Tokyo, des cafés avec Wi-Fi et même les bibliothèques municipales. Tokyo est une ville incroyablement bien équipée pour le télétravail, avec une connexion internet parmi les plus rapides au monde.
Ce séjour confirme ce que je défends depuis le début : la frontière entre vie sédentaire et vie nomade est beaucoup plus fine qu’on ne le croit. On peut travailler sérieusement et vivre l’aventure en même temps.
Ce qui m’a marqué après un mois au Japon
Quand on me demande mes premières impressions sur le Japon, les mêmes mots reviennent. Après un mois, ces impressions se sont confirmées — et amplifiées.
La propreté, partout
C’est la première chose qui frappe en arrivant. Les rues sont impeccables, les toilettes publiques immaculées, les trains sans une trace. Et pourtant, il n’y a quasiment aucune poubelle. Le Japon a intégré le respect de l’espace commun dans sa culture profonde, un concept intimement lié au omotenashi, cette hospitalité japonaise qui imprègne chaque interaction.
Le respect dans les moindres détails
Ici, on ne parle pas au téléphone dans le métro. On fait la queue sans resquiller. On s’incline pour remercier. Ce respect mutuel permanent est probablement ce qui rend le Japon si agréable à vivre au quotidien — surtout en solo.
Des transports d’une efficacité redoutable
Les trains arrivent à la seconde près. Le réseau est dense, bien signalé, et les correspondances sont pensées pour être fluides. Le Shinkansen reste une expérience à part entière — et avec un Japan Rail Pass, c’est aussi très accessible. Pour tout comprendre sur le système, j’ai écrit un guide complet sur les transports au Japon.
Une gastronomie accessible et extraordinaire
On mange incroyablement bien au Japon, même avec un petit budget. Ramen, sushi, tempura, udon, okonomiyaki — chaque quartier a ses spécialités. La cuisine japonaise ne se résume pas aux plats qu’on connaît en France : c’est un univers entier de saveurs, de textures et de rituels.
Les cerisiers en fleurs : un moment suspendu
Mon mois au Japon a coïncidé avec la saison du hanami (les prévisions de floraison sont publiées chaque année sur Weathermap Sakura). Voir les cerisiers en fleurs pour la première fois, c’est un choc esthétique. Les parcs se remplissent de familles, de pique-niques et d’une joie tranquille. C’est l’un de ces moments où tu comprends pourquoi tu as fait tout ce chemin.
Voyage solo : de l’isolement à la vie sociale
Les premières semaines en solo ont été rudes, je ne vais pas mentir. L’isolement des capsules, le décalage horaire avec les proches, la fatigue de tout faire dans une langue étrangère. Si tu hésites encore à voyager seul au Japon, sache que les débuts sont souvent les plus durs.
Mais après un mois, tout change. Je me déplace avec aisance, j’ai mes repères, mes cafés préférés, mes habitudes. J’ai même retrouvé un ancien collègue de Master installé à Tokyo depuis 7 ans — une rencontre improbable qui a enrichi mon séjour.
La clé, c’est de savoir s’écouter en voyage : accepter les jours sans, ne pas s’obliger à tout visiter, prendre le temps. C’est aussi tout l’esprit du slow travel que je défends.
Apprendre le japonais : le meilleur investissement
Si je devais donner un seul conseil à quelqu’un qui prépare un long séjour ici, ce serait : apprends les bases du japonais avant de partir. C’est un gros plus pour la confiance, pour la compréhension culturelle, et pour les interactions du quotidien.
Même avec un niveau modeste, lire les katakana sur un menu, comprendre une annonce dans le métro, ou échanger quelques mots avec un commerçant — ça change tout. J’ai compilé mes 10 conseils pour apprendre le japonais si tu veux t’y mettre.
La suite : Nagoya, Osaka, et cap sur la Corée
Après ce mois de stabilité à Tokyo, le programme se dessine :
- Dix jours entre Nagoya et Osaka — avec une visite du Ghibli Park que j’attends avec impatience
- Un ferry vers la Corée du Sud pour retrouver des amis
- Un road trip retour pour explorer le Japon selon ma propre liste — dont les nombreux lieux que je recommande dans Le Japon selon les saisons
L’aventure ne fait que commencer.
Ce n’est pas de la chance : c’est un choix
Je vais terminer sur un point important. Quand je partage cette expérience, j’entends souvent : « Tu as de la chance ». Non. J’ai travaillé pour pouvoir profiter de cette liberté. Depuis mes premiers emplois, j’ai construit les conditions de ce voyage — financièrement, professionnellement, personnellement.
Ça ne veut pas dire que c’est facile, ni que c’est accessible à tout le monde de la même façon. Mais ça veut dire que si l’envie est là, il y a toujours un chemin pour s’en rapprocher. Ne laisse personne te dire que c’est impossible.
Chacun peut saisir cette liberté, à sa manière et à son rythme.
L’équipe s’agrandit
Une dernière bonne nouvelle : l’équipe Nomade sur rails continue de grandir ! Marine poursuit la rédaction, Whitney gère la vidéo, et une nouvelle community manager d’origines québécoise et colombienne nous rejoint. Vous pouvez suivre l’aventure sur Instagram, YouTube et TikTok.





Si tu savais comme ta vieille tante d’envie!!!
Ah ! Si j’étais plus jeune………..🥴
Ferais je la même chose , moi qui ai le goût du risque 🤗
En tous cas, je te suis assidûment 👍
Est ce que tes yeux sont assez grands pour tout voir ???
Profite bien de la vie
Bizz 😘
Non malheureusement ils ne sont pas assez grands pour tout voir mais j’y travail fortement, merci Tata Ninick <3