L’histoire de la tour Tsutenkaku

Si tu passes par Osaka, impossible de louper la Tsutenkaku. Cette tour au look rétro, plantée en plein cœur du quartier Shinsekai, fait partie du paysage depuis plus d’un siècle. Son nom, 通天閣, signifie littéralement « tour qui atteint le ciel ». Rien que ça.

La première version de la Tsutenkaku a été construite en 1912, à une époque où Osaka voulait montrer au monde qu’elle était une ville moderne et ambitieuse. Le design s’inspirait directement de la tour Eiffel à Paris — oui, les Japonais étaient déjà fans de la France à l’époque. La tour faisait partie d’un grand projet urbain : le parc Luna Park, un quartier de divertissement qui devait incarner le « Nouveau Monde » (Shinsekai).

Mais la Seconde Guerre mondiale est passée par là. En 1943, la tour originale a été démantelée et son métal fondu pour soutenir l’effort de guerre. Un crève-cœur pour les habitants du quartier. Il a fallu attendre 1956 pour que la Tsutenkaku renaisse de ses cendres, cette fois dans un style plus moderne, avec sa silhouette caractéristique qu’on connaît aujourd’hui.

Un symbole de résilience

La reconstruction de la tour Tsutenkaku, c’est un peu l’histoire d’Osaka elle-même : une ville qui encaisse les coups et qui se relève, toujours avec le sourire. Aujourd’hui, la tour culmine à 108 mètres (antenne comprise) et reste un symbole populaire de la ville. Pas le plus haut building du coin, certes, mais probablement le plus attachant.

Visiter la Tsutenkaku : l’observatoire et Billiken

Bon, concrètement, qu’est-ce qu’on fait quand on visite la Tsutenkaku à Osaka ? Déjà, tu montes. L’observatoire principal se trouve à 87,5 mètres de hauteur et offre une vue panoramique sur Osaka. Par temps clair, tu peux apercevoir les montagnes au loin et même le port. C’est pas le point de vue le plus spectaculaire du Japon, mais l’ambiance est unique.

Billiken, le dieu du bonheur

Le vrai clou de la visite, c’est Billiken. Cette petite statue dorée, avec son sourire un peu niais et ses pieds tendus vers l’avant, est devenue la mascotte officielle de la Tsutenkaku. La légende dit que si tu lui frottes la plante des pieds, tu auras de la chance. Autant te dire que ses pieds sont bien usés — des millions de visiteurs sont passés avant toi.

Billiken n’est pas une invention japonaise, à la base. Ce personnage a été créé en 1908 par une artiste américaine qui disait l’avoir vu en rêve. Il est devenu un « dieu de la chance » au Japon, et plus particulièrement à Osaka. Tu trouveras sa bouille un peu partout dans le quartier Shinsekai : en porte-bonheur, en porte-clés, en peluche, et même en takoyaki.

Les étages de la tour

La visite ne se limite pas à l’observatoire. En montant, tu traverses plusieurs étages thématiques : des expos sur l’histoire de la tour, des reproductions du Shinsekai d’époque, et même un étage dédié aux snacks et souvenirs. L’ambiance est kitsch à souhait, avec des néons partout et de la musique rétro. C’est l’omotenashi à la sauce Osaka : chaleureux, décalé, et un peu too much.

Le quartier Shinsekai : l’âme populaire d’Osaka

La Tsutenkaku, c’est bien, mais le vrai spectacle, c’est le quartier qui l’entoure. Shinsekai — littéralement « le Nouveau Monde » — a été construit en 1903 pour l’Exposition nationale industrielle, avec une ambition folle : créer un quartier inspiré à la fois de New York (pour la partie nord) et de Paris (pour la partie sud). Le résultat est un joyeux bazar qui ne ressemble à rien d’autre au Japon.

Une atmosphère unique

Shinsekai à Osaka, c’est un peu le village gaulois d’Astérix : un quartier populaire qui résiste au temps, entouré de buildings modernes mais fidèle à son identité. Les ruelles sont étroites, les enseignes lumineuses s’empilent les unes sur les autres, et les restaurateurs t’interpellent depuis le pas de leur porte. Ici, pas de chichi, pas de quartier touristique aseptisé. C’est brut, vivant, authentique.

Tu croiseras des retraités qui jouent au shogi (les échecs japonais) dans des salles enfumées, des gamins qui courent entre les bornes d’arcade, et des touristes japonais qui viennent en pèlerinage culinaire. L’ambiance peut rappeler celle d’un matsuri, ces festivals traditionnels japonais, avec cette même énergie populaire et festive.

Que manger à Shinsekai : le paradis du kushikatsu

Parlons de ce qui compte vraiment : la bouffe. Shinsekai est LE quartier du kushikatsu à Osaka. Le kushikatsu, c’est de la friture sur bâtonnet : viande, légumes, fromage, crevettes… tout y passe. Chaque morceau est pané, plongé dans une huile bien chaude, et servi avec une sauce worcestershire dans laquelle tu trempes ton bâtonnet.

La règle d’or : ne jamais double-dipper

Attention, il y a UNE règle absolue : tu ne trempes ton kushikatsu qu’une seule fois dans la sauce commune. Pas de double-dip. C’est écrit partout, en japonais, en anglais, en coréen, en chinois. Si tu enfreins cette règle, tu risques de te faire fusiller du regard par tout le restaurant. Pour en rajouter, utilise les feuilles de chou mises à disposition pour récupérer de la sauce.

Si tu veux approfondir le sujet, j’ai écrit un article complet sur la cuisine japonaise, son histoire et ses plats emblématiques. Le kushikatsu y a évidemment sa place.

Mes bonnes adresses

Les restaurants de kushikatsu se comptent par dizaines dans Shinsekai. Daruma est probablement le plus connu, avec sa mascotte reconnaissable (un cuisinier en colère qui tient une brochette). Yaekatsu et Yokozuna sont aussi de bonnes options. Compte entre 1 000 et 2 000 yens pour un repas correct. C’est pas cher, c’est bon, c’est Osaka.

Tsutenkaku de nuit : un spectacle lumineux

Si tu ne devais voir la Tsutenkaku qu’une seule fois, choisis la nuit. Sérieusement. La tour s’illumine de milliers de LED qui changent de couleur, et l’effet est assez magique. Les néons de Shinsekai se mêlent aux illuminations de la tour pour créer une atmosphère qui oscille entre Blade Runner et fête foraine des années 50.

Les couleurs de la météo

Petit détail sympa : les illuminations de la Tsutenkaku ne sont pas que décoratives. Les couleurs du sommet de la tour indiquent la météo du lendemain. Blanc signifie beau temps, orange annonce des nuages, bleu de la pluie. C’est un vestige d’une époque pré-smartphone où les gens levaient les yeux vers la tour pour savoir s’il fallait prendre un parapluie. Aujourd’hui, c’est surtout un clin d’œil nostalgique, mais c’est le genre de détail qui rend la Tsutenkaku Osaka si attachante.

Pour la photo, je te conseille de te poster sur le pont piéton à quelques centaines de mètres au sud de la tour. Tu auras une vue dégagée avec la tour en plein centre et les enseignes lumineuses de Shinsekai en premier plan. Un classique, mais efficace.

Que faire autour de la Tsutenkaku à Osaka

Le quartier regorge de choses à voir et à faire une fois que tu as visité la tour. Voici mes recommandations.

Le parc Tennoji

À quelques minutes à pied au sud de Shinsekai, le parc Tennoji est un havre de paix au milieu de l’agitation urbaine. Avec son jardin japonais Keitakuen (entrée : 150 yens), c’est l’endroit idéal pour digérer ton kushikatsu en mode zen. Selon la saison, tu y verras des cerisiers en fleurs au printemps ou des érables flamboyants en automne.

Le zoo de Tennoji

Juste à côté du parc, le zoo de Tennoji est l’un des plus anciens du Japon (fondé en 1915). L’entrée est à 500 yens seulement. C’est pas le zoo le plus moderne du monde, mais il a un charme old school qui colle bien avec l’ambiance du quartier.

Spa World

Si tu veux te détendre après une journée de marche, Spa World est un complexe thermal à deux pas de la Tsutenkaku. Le concept : des bains thématiques inspirés de différentes régions du monde (zone européenne, zone asiatique). C’est kitsch, c’est grand, c’est fun. Parfait pour se poser après avoir arpenté les rues de Shinsekai Osaka.

Informations pratiques pour visiter la Tsutenkaku

Accès

La Tsutenkaku se trouve dans le quartier Shinsekai, dans l’arrondissement de Naniwa à Osaka. Pour y accéder :

  • Métro : station Ebisucho (ligne Sakaisuji), sortie 3 — 3 minutes à pied
  • JR : gare de Shin-Imamiya (lignes JR Loop et Yamatoji) — 5 minutes à pied
  • Nankai : gare de Shin-Imamiya — 5 minutes à pied

Horaires et tarifs

La tour est ouverte tous les jours de 10h00 à 20h00 (dernière entrée à 19h30). Le tarif de l’observatoire principal est de 900 yens pour les adultes et 400 yens pour les enfants. Il existe un billet combiné pour l’observatoire supérieur (étage supplémentaire avec vue à 360°) à 300 yens de plus.

Durée de la visite

Compte environ 45 minutes à 1 heure pour la visite de la tour elle-même. Mais je te recommande de prévoir une demi-journée pour explorer Shinsekai à Osaka dans son ensemble : la tour, le quartier, un bon kushikatsu, et pourquoi pas une session au Spa World.

Conseils

  • Viens en fin d’après-midi pour profiter de la vue de jour ET des illuminations de nuit
  • Le quartier est très sûr, même tard le soir — ne te laisse pas impressionner par l’apparence un peu brute des rues
  • Si tu visites Osaka pendant l’Expo 2025, le quartier Shinsekai sera probablement encore plus animé que d’habitude

En résumé

La Tsutenkaku à Osaka, c’est bien plus qu’une simple tour d’observation. C’est un symbole de la culture populaire d’Osaka, un vestige du Japon d’après-guerre, et la porte d’entrée vers l’un des quartiers les plus authentiques de la ville. Shinsekai ne ressemble à rien d’autre : c’est bruyant, coloré, un peu chaotique, et profondément humain. Exactement ce qu’on vient chercher quand on voyage.

Que tu sois fan d’histoire, de street food, de panoramas urbains ou simplement de bonnes vibes, la visite de la tour Tsutenkaku et du quartier Shinsekai devrait figurer sur ta liste. C’est Osaka dans ce qu’elle a de plus sincère.

Et comme d’hab, je te partage les liens vers le contenu photo et vidéo de mon aventure au Japon.
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