Carnet de bord, juin 2025 : Perdu dans la verdure d’une colline paisible, le temple Nyoirinji — aussi appelé « Kaeru-dera », le temple des grenouilles — est l’un des lieux les plus singuliers que j’ai pu visiter au Japon. Pas de foule, pas de bus touristiques : juste toi, les arbres, le silence et des centaines de grenouilles en pierre aux regards bienveillants. Un coup de cœur total.

Pourquoi « Kaeru-dera », le temple des grenouilles ?

En japonais, kaeru (蛙) signifie « grenouille ». Mais c’est aussi un homophone de kaeru (帰る), qui veut dire « revenir ». Ce jeu de mots donne aux grenouilles une dimension symbolique puissante dans la culture japonaise : elles représentent le retour sain et sauf, le retour de la chance, le retour de l’argent dépensé. C’est pour cette raison que le temple Nyoirinji a fait de la grenouille son emblème — et qu’on en retrouve partout dans l’enceinte du sanctuaire.

Le temple appartient à l’école bouddhiste Shingon, fondée par Kūkai (Kōbō Daishi) au IXe siècle. Sa divinité principale est Nyoirin Kannon, la bodhisattva de la compassion. Mais soyons honnêtes : c’est surtout pour les grenouilles qu’on vient ici.

La visite : une immersion dans un conte japonais

En gravissant les escaliers sous la lumière filtrée des arbres, on entre dans un sanctuaire ombragé, parsemé de stèles anciennes et de statues de toutes tailles. Le silence est seulement rompu par le petit bruit des clochettes et le froissement des feuilles.

clochettes au temple Nyoirinji
Des clochettes tintent doucement dans la brise. L’atmosphère est immédiatement apaisante.

Les allées aux grenouilles

Les allées du temple sont bordées de grenouilles en pierre aux expressions variées. Certaines tiennent des panneaux gravés de proverbes, d’autres sont dissimulées entre les racines ou dans les buissons. Certaines sont minuscules, d’autres font plus d’un mètre de haut. En déambulant parmi elles, on a l’impression d’être dans un conte japonais où chaque recoin recèle un esprit protecteur.

Statue de grenouille au temple Nyoirinji
Une des nombreuses grenouilles du temple. Chacune a sa propre expression — certaines sont franchement adorables.

Il y aurait plus de 10 000 grenouilles dans l’enceinte du temple, offertes par des fidèles au fil des décennies. Chaque grenouille porte un vœu : retrouver la santé, revenir d’un voyage en sécurité, retrouver un être cher. C’est touchant et poétique à la fois.

Le hall principal et les prières

Le hondō (hall principal) est modeste mais soigné. On y trouve l’autel dédié à Nyoirin Kannon, des offrandes de fruits et de riz, et bien sûr des grenouilles décoratives partout. Tu peux faire une prière, déposer une offrande ou simplement t’asseoir un moment dans le calme.

Le goshuin du temple : un souvenir inoubliable

Si tu collectionnes les goshuin — ces cachets calligraphiés que l’on obtient dans les temples et sanctuaires japonais — celui de Nyoirinji est un des plus charmants que j’ai vus. Il est décoré d’une adorable grenouille verte dessinée à la main, avec une calligraphie soignée. Un petit détail qui fait toute la différence et reflète parfaitement l’identité du lieu.

Goshuin avec grenouille du temple Nyoirinji
Le goshuin de Nyoirinji. Un des plus beaux de ma collection — la petite grenouille est dessinée à la main.

Le goshuin coûte 300 à 500 ¥ selon le modèle. Il y a parfois des versions spéciales selon les saisons. Si le moine est disponible, il le calligraphie devant toi — c’est un moment presque méditatif à regarder.

Les ema : un mur de vœux en forme de grenouilles

Comme dans beaucoup de temples japonais, on retrouve ici un mur entier d’ema — ces petites plaques de bois où l’on inscrit ses souhaits. Celles de Nyoirinji sont en forme de grenouille, évidemment. Beaucoup de dessins représentent des grenouilles kawaii, des messages d’espoir et des prières pour le voyage. Un endroit touchant où chacun laisse une trace de ses rêves.

Plaques ema au temple Nyoirinji
Les ema en forme de grenouille — chaque plaque porte un vœu personnel.

Pourquoi visiter le Nyoirinji ?

Dans un pays où les temples se comptent par dizaines de milliers, qu’est-ce qui rend celui-ci spécial ? Plusieurs choses :

  • L’originalité : c’est le seul temple au Japon avec une telle concentration de grenouilles. C’est unique.
  • Le calme : aucun bus touristique, très peu de visiteurs. Tu es souvent seul dans l’enceinte.
  • La beauté du cadre : la colline boisée, la mousse sur les pierres, la lumière filtrée — c’est un havre de paix.
  • Le côté kawaii : les grenouilles sont irrésistiblement mignonnes. Parfait pour les photos Instagram.
  • Le goshuin : un des plus beaux du Japon, avec sa grenouille dessinée à la main.

Si tu cherches un temple insolite au Japon, loin des sentiers battus et des files d’attente, le Nyoirinji est une pépite.

Infos pratiques pour visiter le Nyoirinji

Accès

Le temple se trouve dans la préfecture de Nara, à environ 30 minutes en voiture depuis la ville de Nara. Il n’est pas directement desservi par les transports en commun, ce qui explique qu’il reste si tranquille. Si tu voyages en van comme moi (voir mon article sur le Japon en van), c’est l’étape idéale. Sinon, un taxi depuis la gare la plus proche ou une voiture de location feront l’affaire.

Horaires et tarifs

  • Ouverture : tous les jours, généralement de 8h à 17h
  • Tarif : gratuit (le goshuin est payant : 300-500 ¥)
  • Durée de visite : 30 à 45 minutes

Conseils

  • Viens le matin pour la meilleure lumière à travers les arbres
  • Prévois de la monnaie pour le goshuin et les ema
  • Porte des chaussures confortables — les escaliers montent un peu
  • Si tu visites la région de Nara, combine avec le parc aux cerfs de Nara dans la même journée

Mon avis

Le temple Nyoirinji est un trésor caché pour les amateurs de lieux paisibles et originaux. Que tu viennes pour les grenouilles, pour la forêt ou pour le calme qu’il inspire, ce sanctuaire mérite amplement le détour. C’est le genre d’endroit qui te rappelle pourquoi le Japon est si fascinant : même un petit temple perdu en montagne peut te réserver une expérience inoubliable. Et qui sait, peut-être qu’en repartant, une grenouille porte-bonheur sautera dans ton sac — symboliquement, bien sûr.

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