Carnet de bord, juillet 2025 : De passage à Nagoya, la quatrième ville du Japon, j’ai exploré trois lieux majeurs en une journée. Nagoya est souvent snobée par les voyageurs qui filent directement de Tokyo à Kyoto en Shinkansen — et c’est dommage. Entre temples méconnus, statues monumentales et forteresse historique, cette journée m’a réservé de belles surprises.
Pourquoi s’arrêter à Nagoya ?
Nagoya est la grande ville que personne ne visite. Coincée entre Tokyo et Osaka sur la ligne du Shinkansen Tōkaidō, elle est systématiquement zappée par les voyageurs. Pourtant, c’est une ville de 2,3 millions d’habitants avec une histoire riche, un château magnifique, des temples surprenants et une gastronomie locale reconnue dans tout le Japon.
Nagoya, c’est aussi le berceau de Toyota, la ville des samouraïs Oda Nobunaga et Tokugawa Ieyasu (les deux figures les plus importantes de l’histoire japonaise), et un carrefour de transport idéal entre le Kanto et le Kansai. Une journée suffit pour découvrir ses trésors les plus accessibles.
Tōgan-ji : le Bouddha vert caché dans un quartier résidentiel
Ma première étape m’a conduit au temple Tōgan-ji, un lieu étonnant niché dans un quartier résidentiel, loin des radars touristiques. Peu connu des visiteurs étrangers, il abrite pourtant un impressionnant Daibutsu vert (grand Bouddha) de 10 mètres de hauteur, flanqué de deux éléphants. Oui, des éléphants dans un temple japonais — c’est surprenant et c’est exactement ce qui rend l’endroit unique.

Le temple appartient à l’école bouddhiste Sōtō (zen). Une atmosphère paisible règne dans l’enceinte : une belle allée de bambous, des statues variées (certaines assez excentriques), des bonsaïs et un petit cimetière. C’est une excellente halte si tu cherches un lieu de calme, loin des foules.
Infos pratiques Tōgan-ji
- Accès : 10 minutes à pied depuis la station Motoyama (lignes Higashiyama et Meijō)
- Entrée : gratuite
- Durée de visite : environ 30 minutes
Kōshō-ji : une pagode de cinq étages à découvrir
Je poursuis avec le Kōshō-ji, un temple tout proche, célèbre pour sa magnifique pagode en bois à cinq étages. C’est l’un des rares temples de la région à posséder une pagode de cette taille, et le contraste entre l’architecture imposante et la quiétude des lieux m’a vraiment marqué.

On y trouve aussi un immense Bouddha en bronze, tout récent, ainsi qu’une jolie esplanade boisée. Le temple est un lieu vivant : pendant ma visite, des fidèles faisaient leurs offrandes et un moine balayait les feuilles mortes. Le site abrite aussi un petit marché et plusieurs bâtiments annexes intéressants.

Infos pratiques Kōshō-ji
- Accès : à deux pas de la station Yagoto (lignes Meijō et Tsurumai)
- Entrée : gratuite
- Durée de visite : 45 min à 1h
Le château de Nagoya : puissance et raffinement
L’après-midi, je rejoins le château de Nagoya (Nagoya-jō), le joyau historique de la ville. Construit en 1612 sur ordre de Tokugawa Ieyasu — le fondateur du shogunat Tokugawa — c’est l’un des châteaux les plus importants du Japon. Il a été détruit pendant les bombardements de 1945 et reconstruit en béton en 1959, mais ce qui le rend vraiment exceptionnel, c’est le palais Hommaru.

Le palais Hommaru : une restauration exceptionnelle
Le palais Hommaru (Hommaru Goten) a été intégralement reconstruit en bois entre 2009 et 2018, en utilisant les techniques traditionnelles japonaises et en se basant sur les plans et photographies d’avant-guerre. Le résultat est spectaculaire : des pièces aux parois dorées ornées de peintures de l’école Kanō, des tatamis impeccables, des plafonds à caissons sculptés.

Contrairement au château de Nijō à Kyoto, les photos sont autorisées à l’intérieur du palais Hommaru. C’est l’un des rares endroits au Japon où tu peux photographier des intérieurs de cette qualité. Profites-en.
Les shachihoko dorés
Au sommet du donjon, deux shachihoko (poissons-dauphins dorés) veillent sur la ville. Ces créatures mythologiques, censées protéger le château des incendies, sont le symbole de Nagoya. Le mâle et la femelle mesurent chacun 2,6 mètres et sont recouverts d’or. Tu les retrouveras sur tous les souvenirs de la ville.
Infos pratiques château de Nagoya
- Accès : station Shiyakusho (ligne Meijō), 5 min à pied
- Horaires : 9h à 16h30 (dernière entrée à 16h)
- Tarif : 500 ¥ (entrée simple) / 640 ¥ avec le palais Hommaru
- Durée de visite : 1h30 à 2h
Manger à Nagoya : la gastronomie locale
Nagoya a sa propre scène culinaire, appelée Nagoya meshi. Voici les spécialités à ne pas manquer :
- Miso katsu : un tonkatsu (porc pané) nappé de sauce miso rouge de Nagoya — riche et savoureux
- Hitsumabushi : anguille grillée servie sur du riz, à déguster de trois manières différentes (nature, avec condiments, en bouillon)
- Tebasaki : ailes de poulet frites croustillantes, la spécialité de la chaîne Yamachan
- Kishimen : nouilles plates dans un bouillon léger, servies avec du nori et du poireau
Infos pratiques pour une journée à Nagoya
Comment y aller
- Depuis Tokyo : Shinkansen Nozomi ou Hikari, 1h40 (couvert par le JR Pass avec Hikari)
- Depuis Osaka : Shinkansen, environ 50 minutes
- Depuis Kyoto : Shinkansen, 35 minutes
Itinéraire recommandé pour une journée
- Matin : Tōgan-ji + Kōshō-ji (les deux temples sont proches, 1h30 au total)
- Déjeuner : miso katsu ou hitsumabushi dans le quartier de Sakae
- Après-midi : château de Nagoya + palais Hommaru (2h)
- Budget total : ~1 500 ¥ hors transport et repas
Mon avis
Nagoya mérite qu’on s’y arrête. Les temples de Tōgan-ji et Kōshō-ji sont des pépites méconnues, et le palais Hommaru du château est tout simplement l’un des plus beaux intérieurs que j’ai vus au Japon. C’est la preuve qu’il ne faut pas se fier aux guides qui classent Nagoya comme « pas intéressante ». En une journée, on découvre une ville avec du caractère, une identité culinaire forte et des trésors architecturaux qui n’ont rien à envier à Kyoto.
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