La Russie vient d’annoncer une réforme majeure de son système d’e-visas : la durée de validité passe désormais de 60 à 120 jours et le permis de rester en Russie de 16 à 30 jours. Une avancée notable qui devrait simplifier les séjours et attirer un plus grand nombre de visiteurs. Cette mesure, applicable pour toutes les demandes postérieures au 23 août 2025, reflète visiblement la volonté des autorités de rendre le pays plus accessible, sur fond d’une reprise progressive des flux internationaux.
Pour moi, cette nouvelle a une résonance particulière. En 2025, j’ai traversé la Russie d’ouest en est dans le cadre de mon voyage bas carbone vers le Japon via le Transsibérien. À l’époque, l’e-visa ne permettait que 16 jours de séjour — un délai serré quand on veut profiter du pays le plus vaste du monde.
Mon expérience avec l’ancien e-visa de 16 jours
Quand j’ai préparé ma traversée de la Russie, les 16 jours autorisés par l’ancien e-visa m’ont imposé des choix difficiles. Mon itinéraire comprenait Saint-Pétersbourg et Moscou, deux villes qui méritent chacune au moins quatre ou cinq jours. Avec le temps de trajet en train entre les deux (environ 4 heures en Sapsan), puis les jours nécessaires pour le Transsibérien jusqu’à Vladivostok (6 jours minimum sans arrêt), il ne restait presque plus de marge.
Résultat : j’ai dû renoncer à m’arrêter au lac Baïkal, l’une des étapes les plus emblématiques du parcours. J’aurais adoré descendre à Irkoutsk, prendre le temps de longer les rives du lac, peut-être même faire un détour par l’île d’Olkhon. Mais avec 16 jours, chaque journée comptait, et le moindre retard de train pouvait compromettre la suite du voyage. C’est la contrainte principale que j’ai ressentie : non pas l’envie de rester, mais l’impossibilité de s’arrêter.
Une mesure qui facilite les longs séjours
Depuis le 25 juillet 2025, la Russie a étendu la durée de séjour autorisée avec le visa électronique (e-visa) à 30 jours. Cette mesure, annoncée par décret présidentiel sur le site officiel du Kremlin, marque une évolution significative de la politique migratoire du pays, visant à encourager le tourisme et les séjours prolongés.
Qu’est-ce que le visa électronique russe ?
Le visa électronique est un document officiel qui permet aux voyageurs d’entrer sur le territoire russe sans passer par une ambassade ou un consulat. Accessible en ligne, il est valable pour les entrées touristiques, professionnelles et humanitaires. Son obtention est simple et rapide, généralement sous 4 jours ouvrables. Contrairement à l’ancien visa classique qui nécessitait une lettre d’invitation, des démarches consulaires et parfois plusieurs semaines d’attente, l’e-visa se demande en quelques clics depuis chez soi.
Ce qui change avec la réforme
- Durée de séjour prolongée : de 16 à 30 jours consécutifs.
- Validité prolongée : de 60 à 120 jours consécutifs.
- Nombre d’entrées : reste à une seule entrée (single-entry visa).
- Procédure inchangée : la demande s’effectue toujours via le site officiel russe de l’e-visa.
La validité de 120 jours est aussi un point important. Cela signifie que tu peux faire ta demande jusqu’à quatre mois avant ton voyage, ce qui laisse une flexibilité appréciable pour planifier un itinéraire complexe comme le Transsibérien.
Que faire avec 30 jours en Russie ?
Avec deux semaines supplémentaires par rapport à l’ancien visa, les possibilités s’élargissent considérablement. Voici un itinéraire que j’aurais adoré suivre :
- Saint-Pétersbourg (4-5 jours) : l’Ermitage, les canaux, les nuits blanches en été, Peterhof et ses fontaines dorées. Une ville d’une beauté stupéfiante qui justifie à elle seule le voyage.
- Moscou (4-5 jours) : le Kremlin, la Place Rouge, le métro (un musée souterrain à lui seul), le parc Gorki, le quartier d’Arbat. Plus intense et chaotique que Saint-Pétersbourg, mais tout aussi fascinante.
- Le Transsibérien avec arrêts (10-12 jours) : Kazan (la capitale du Tatarstan, à la croisée des cultures russe et tatare), Iekaterinbourg (la frontière Europe-Asie), Novossibirsk (la capitale de la Sibérie), Irkoutsk et le lac Baïkal (3-4 jours pour en profiter vraiment), puis Oulan-Oudé et enfin Vladivostok.
- Vladivostok (2-3 jours) : le terminus du Transsibérien, une ville portuaire tournée vers l’Asie, avec une ambiance unique de bout du monde.
Avec 30 jours, cet itinéraire devient enfin réaliste sans devoir courir. C’est exactement le type de voyage lent que je défends sur ce blog.
Pays éligibles à l’e-visa russe
Les ressortissants de 55 pays peuvent en faire la demande, dont :
- France, Belgique, Suisse, Allemagne, Espagne, Italie…
- Japon, Chine, Corée du Sud, Inde…
- Émirats arabes unis, Turquie, Arabie saoudite…
La liste complète est disponible sur le site de l’e-visa.
Comment faire une demande ?
- Accède au site officiel : evisa.kdmid.ru
- Remplis le formulaire (nom, passeport, itinéraire, hébergement…)
- Ajoute une photo d’identité récente
- Paye les frais (environ 52 $ US)
- Reçois ton visa par email sous 4 jours
Pas besoin de faire appel à une agence ou un intermédiaire : tout se fait en ligne.
Conseils pour la demande
- Photo d’identité : elle doit respecter des critères stricts (fond blanc, dimensions précises). Le site propose un outil de vérification — utilise-le avant de soumettre.
- Adresse d’hébergement : tu dois indiquer une adresse en Russie. Si tu as réservé un hôtel, utilise son adresse. Sinon, l’adresse d’un hôtel dans ta première ville d’arrivée suffit.
- Point d’entrée : choisis bien ton checkpoint d’entrée lors de la demande — il doit correspondre à celui que tu utiliseras réellement. En revanche, tu peux sortir par un checkpoint différent.
- Timing : fais ta demande au moins 2 semaines avant ton départ pour avoir de la marge, même si le traitement prend généralement 4 jours.
- Impression : imprime ton e-visa en format A4. Certains postes-frontières n’acceptent pas les versions numériques sur téléphone.
Une carte des entrées et sorties pour le e-visa
Le visa électronique russe permet d’entrer et sortir du pays à travers différents checkpoints. La liste officielle peut être un peu difficile à lire, j’ai donc créé une carte interactive des checkpoints e-visa permettant de les consulter visuellement sur une carte. Tu y trouveras les postes-frontières terrestres, maritimes et aériens, avec la possibilité de filtrer par type. C’est particulièrement utile si tu prévois un itinéraire terrestre comme le Transsibérien, où le choix du point d’entrée et de sortie est crucial.
Pourquoi c’est une bonne nouvelle pour les voyageurs
Ce nouveau délai de 30 jours permet aux voyageurs d’explorer la Russie à leur rythme, de Moscou au Baïkal en passant par le Transsibérien. Pour ma part, les 16 jours m’ont permis de la traverser, mais j’ai dû faire des choix : j’ai visité Saint-Pétersbourg et Moscou, et j’ai préféré ne pas m’arrêter pendant le trajet du Transsibérien pour ne pas dépasser la limite. La prochaine fois, avec 30 jours, je pourrai enfin m’arrêter au lac Baïkal !
Cette réforme s’inscrit aussi dans une tendance plus large : rendre le voyage terrestre en Russie plus accessible. Pour ceux qui, comme moi, voyagent sans avion, la Russie est un passage obligé entre l’Europe et l’Asie. Avec un visa plus long, le Transsibérien redevient un itinéraire de voyage à part entière, et non plus une simple course contre la montre.
Sources :
- Extension de la validité du e-visa unifié russe à 30 jours, site officiel du Kremlin en.kremlin.ru
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