Carnet de bord, juin 2025 : Dans ma traversée du Japon sans avion, j’ai fait escale à l’imposant château d’Hiroshima. Surnommé le « château de la carpe » (Rijō, 鯉城), c’est un témoignage poignant de la résilience de cette ville. Détruit par la bombe atomique en 1945, reconstruit à l’identique en 1958, il offre aujourd’hui un parcours fascinant à travers l’histoire féodale du Japon et une vue panoramique spectaculaire sur la ville moderne.

L’histoire du château d’Hiroshima

Le château d’Hiroshima a été construit en 1589 par Mōri Terumoto, l’un des cinq grands daimyō (seigneurs féodaux) sous Toyotomi Hideyoshi. Le château était le centre du pouvoir de la région de Chūgoku, dans l’ouest du Honshū. Son emplacement, sur un delta fluvial, était stratégique : les rivières servaient de douves naturelles.

Au fil des siècles, le château a changé de mains plusieurs fois, passant sous le contrôle du clan Fukushima puis du clan Asano, qui l’a occupé pendant toute l’ère Edo (1603-1868). Pendant cette période, Hiroshima s’est développée autour du château pour devenir une des principales villes de l’ouest du Japon.

La destruction et la reconstruction

Le 6 août 1945, le château d’Hiroshima a été intégralement détruit par la bombe atomique — il se trouvait à seulement 960 mètres de l’épicentre. Tout le donjon en bois, les tourelles et les enceintes ont été soufflés par l’explosion. Le château actuel est une réplique fidèle de l’édifice original, reconstruite en 1958 en béton armé et transformée en musée. Sa structure en bois sombre et son esthétique traditionnelle tranchent avec les immeubles modernes environnants, ce qui lui donne une aura presque irréelle.

Le musée à l’intérieur du donjon

En pénétrant dans l’enceinte, on traverse un petit pont au-dessus des douves menant à l’entrée du donjon principal. À l’intérieur, l’exposition retrace l’histoire du château et la vie à l’époque féodale sur cinq étages :

  • Rez-de-chaussée : maquettes du château et de la ville à différentes époques, plans originaux et explications sur le positionnement stratégique
  • 1er étage : armes, armures de samouraïs et objets rituels. Tu peux même essayer une reproduction de casque de samouraï
  • 2e étage : la vie quotidienne à l’époque Edo — commerce, artisanat, festivals
  • 3e étage : histoire de la ville d’Hiroshima, de sa fondation à la reconstruction d’après-guerre
  • 5e étage : le belvédère panoramique — la raison principale de monter
Entrée du château d'Hiroshima
L’entrée du château, avec ses douves calmes et ses murailles reconstruites. Le cadre est paisible.
Exposition au château d'Hiroshima
L’exposition retrace l’histoire féodale avec des armes, armures et écrans interactifs.

Les shachihoko : gardiens du château

Une section particulièrement intéressante est dédiée aux shachihoko, ces ornements en forme de poissons mythiques placés au sommet des toits des châteaux japonais. Les shachihoko sont des créatures mi-poisson mi-dragon, censées protéger les bâtiments du feu en crachant de l’eau. Ceux du château d’Hiroshima sont décorés avec minutie et dorés — un symbole de prestige et de puissance.

La vue panoramique depuis le sommet

Le clou de la visite reste l’ascension au sommet du donjon. De là, la vue panoramique sur la ville d’Hiroshima est absolument splendide : d’un côté, les cimes des arbres et les douves paisibles du château ; de l’autre, la ville moderne, vibrante et résiliente, s’étend jusqu’aux montagnes à l’horizon. On aperçoit aussi le dôme de Genbaku au loin — un rappel discret mais puissant de l’histoire de la ville.

Vue panoramique depuis le château d'Hiroshima
La vue depuis le 5e étage. Hiroshima s’étale, moderne et résiliente, entre rivières et montagnes.

Les douves et l’enceinte du château

Ne te contente pas du donjon : les douves du château valent le détour en elles-mêmes. Larges et calmes, elles reflètent le donjon et les arbres environnants. Des carpes (koi) y nagent — d’où le surnom du château, « Rijō » (château de la carpe). Tu peux faire le tour des douves à pied en 20-30 minutes, une balade agréable.

Dans l’enceinte, tu trouveras aussi un sanctuaire shintoïste (Hiroshima Gokoku-jinja) et les vestiges de fondations de bâtiments détruits en 1945, laissés en l’état comme témoins de l’histoire.

Infos pratiques

Accès

  • Tramway : ligne 2 ou 6 depuis la gare d’Hiroshima, arrêt « Kamiya-chō-higashi », puis 10 minutes à pied
  • À pied : 15 minutes depuis le Parc du Mémorial de la Paix
  • Combine : musée de la paix + château + dôme de Genbaku = une journée complète à Hiroshima

Horaires et tarifs

  • Horaires : tous les jours de 9h à 18h (dernière entrée 17h30). Fermé du 29 décembre au 2 janvier.
  • Tarif : 370 ¥ adultes (~2,30 €), 180 ¥ seniors et lycéens, gratuit pour les moins de 15 ans
  • Durée de visite : 45 min à 1h

Conseils

  • Les photos sont autorisées dans presque tout le musée
  • Le château est encore plus beau au printemps (cerisiers en fleurs autour des douves) et en automne (feuillages rouges)
  • Combine avec le top 5 des lieux d’Hiroshima pour optimiser ta journée

Mon avis

Le château d’Hiroshima est bien plus qu’un simple monument touristique. Il incarne la capacité de résilience de cette ville marquée par l’Histoire. Détruit par la bombe atomique, reconstruit par la volonté de ses habitants, il se dresse aujourd’hui comme un symbole de renaissance. Entre sa symbolique guerrière, ses éléments architecturaux raffinés et sa fonction pédagogique, il offre une visite à la fois enrichissante et émouvante. Une halte incontournable pour quiconque visite Hiroshima.

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