Publié sur Nomade sur Rails – carnet de bord de mes voyages bas carbone entre la France et le Japon

Hiroshima. Ce nom évoque une ville marquée à jamais par l’Histoire, mais c’est aussi une cité en pleine renaissance, vibrante et attachante. En y passant plusieurs jours, j’ai découvert une ville aux multiples facettes : mémoire, spiritualité, nature et modernité s’y rencontrent sans heurt. Voici les 5 lieux que je te recommande absolument si tu viens à Hiroshima — tous testés et approuvés, avec mes impressions personnelles et mes conseils pratiques.

Hiroshima est une ville qui se mérite. On n’y vient pas par hasard, et on n’en repart pas indemne. Entre le poids de l’histoire, la beauté des paysages et la gentillesse de ses habitants, elle m’a laissé une empreinte profonde. Prends le temps de la découvrir — elle le vaut.

1. Le musée du Mémorial de la Paix d’Hiroshima

Impossible de venir à Hiroshima sans visiter son mémorial. Le musée de la paix est à la fois sobre et bouleversant. Il retrace l’histoire du bombardement du 6 août 1945 à travers des objets personnels, des témoignages de survivants (les hibakusha) et des reconstitutions poignantes de la ville avant et après l’explosion.

On y comprend l’ampleur de la tragédie, mais aussi la résilience extraordinaire des habitants. L’exposition est très pédagogique, avec de nombreuses traductions en anglais et des supports multimédias. J’y ai passé plus de deux heures, et j’aurais pu y rester davantage. Certaines salles m’ont littéralement coupé le souffle — notamment celle qui expose les effets personnels des victimes : une montre arrêtée à 8h15, un uniforme d’écolier carbonisé, des lettres jamais envoyées.

À l’extérieur, le Parc de la Paix s’étend le long de la rivière Motoyasu. Le Dôme de Genbaku (le bâtiment resté debout après l’explosion), la Flamme de la Paix et le Cénotaphe forment un ensemble mémoriel d’une puissance rare. Prenez le temps de vous asseoir, d’observer, de laisser l’émotion monter.

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2. Le temple Mitaki-dera

Niché dans une vallée boisée, à quelques arrêts de tram du centre-ville, le temple Mitaki-dera m’a offert un véritable moment de paix. Les sentiers bordés de statues Jizo, les lanternes moussues, la pagode vermillon et le murmure de la cascade en font un lieu presque irréel.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est le contraste total avec le reste de la ville. En quelques minutes de trajet, on quitte l’urbanisme moderne d’Hiroshima pour se retrouver dans une forêt de cèdres centenaires, avec pour seul bruit le chant des oiseaux et le ruissellement de l’eau. Le temple porte son nom — « trois cascades » — car trois cours d’eau convergent dans cette vallée encaissée.

En automne, le site est réputé pour ses érables flamboyants. Mais même en dehors de cette saison, la sérénité du lieu est incomparable. C’est l’un de ces endroits où le temps semble suspendu. J’y suis allé tôt le matin, presque seul, et cette solitude dans un lieu si beau m’a profondément marqué.

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3. Le château d’Hiroshima

Surnommé le « château de la carpe » (Ri-jo), ce magnifique édifice en bois a été intégralement reconstruit après sa destruction en 1945. Il se dresse fièrement au centre d’un parc paisible, entouré de douves et de cerisiers — un cadre idyllique au printemps comme en toute saison.

La vue depuis son dernier étage permet d’embrasser tout Hiroshima et de mieux comprendre l’agencement de la ville, construite sur un delta entre six rivières. Le musée à l’intérieur du donjon retrace l’histoire féodale de la région, de la construction originale en 1589 par le seigneur Mori Terumoto jusqu’à la reconstruction d’après-guerre.

J’ai été frappé par la symbolique de ce château : comme la ville elle-même, il a été détruit puis reconstruit, dans un geste de résilience et de mémoire. Se tenir au sommet du donjon et regarder la ville moderne s’étendre tout autour, c’est mesurer le chemin parcouru depuis 1945.

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4. Le sanctuaire Itsukushima-jinja (Miyajima)

À 30 minutes de ferry depuis le port d’Hiroshima, l’île de Miyajima est une excursion incontournable. Son torii flottant — classé au patrimoine mondial de l’UNESCO — est l’un des symboles les plus célèbres du Japon, et le voir en vrai procure une émotion difficile à décrire.

Le sanctuaire Itsukushima-jinja, construit sur pilotis, semble flotter sur la mer à marée haute. À marée basse, on peut marcher jusqu’au pied du torii vermillon et observer les coquillages incrustés dans le bois. C’est un site à la beauté mystique, particulièrement au coucher du soleil quand le ciel se teinte d’orange et de rose derrière la porte sacrée.

Je recommande d’y aller en fin de journée, quand les groupes de touristes commencent à repartir. Le dernier ferry est assez tard, ce qui laisse le temps de profiter du crépuscule dans un calme relatif. Les daims en liberté sur l’île ajoutent une touche poétique à l’ensemble.

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5. La randonnée du mont Misen

Depuis Miyajima, il est possible de grimper jusqu’au sommet du mont Misen (535 mètres) pour une vue panoramique époustouflante sur la mer intérieure de Seto et ses dizaines d’îles. Plusieurs sentiers existent : le Daisho-in (ombragé et ponctué de statues bouddhiques), le Momijidani (plus direct, mais plus raide) et l’Omoto (le plus long et le plus sauvage).

J’ai choisi le sentier Daisho-in à la montée et le Momijidani à la descente. Comptez environ 1h30 à 2h de marche pour atteindre le sommet, selon votre rythme. La montée est exigeante par endroits, mais le sentier est bien balisé et les pauses sont récompensées par des vues de plus en plus spectaculaires.

Arrivé au sommet, j’ai découvert un panorama sublime et des bâtiments bouddhiques isolés dans la montagne, dont le Reikado, un hall sacré où brûle une flamme depuis plus de 1200 ans — la même flamme qui a inspiré celle du Mémorial de la Paix à Hiroshima. C’est aussi un lieu de méditation depuis plus de 1000 ans, et on comprend pourquoi : le silence, la hauteur et la beauté du paysage invitent naturellement au recueillement.

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L’okonomiyaki : la spécialité culinaire d’Hiroshima

On ne peut pas parler d’Hiroshima sans évoquer son plat emblématique : l’okonomiyaki style Hiroshima. Différent de la version d’Osaka (où les ingrédients sont mélangés), l’okonomiyaki d’Hiroshima est préparé en couches successives sur une plaque chauffante : crêpe fine, chou émincé, germes de soja, viande ou fruits de mer, nouilles soba, œuf, et le tout nappé d’une sauce sucrée-salée.

Le meilleur endroit pour le déguster ? Okonomimura, un bâtiment de plusieurs étages dans le centre-ville, où des dizaines de petits restaurants préparent chacun leur version. On s’assoit au comptoir, face à la plaque, et on regarde le cuisinier assembler son œuvre avec une dextérité fascinante.

C’est un moment de convivialité simple et authentique. Le prix est très abordable — comptez environ 800 à 1200 yens (5 à 8 euros) pour un okonomiyaki copieux. Un incontournable.

Comment se déplacer à Hiroshima

Hiroshima possède un excellent réseau de tramway (appelé Hiroden), l’un des plus anciens et des plus étendus du Japon. Les tramways relient le centre-ville aux principaux sites touristiques, à la gare JR et au port de Miyajima-guchi. Un trajet coûte 220 yens (environ 1,50 euro), et un pass journalier est disponible pour 700 yens.

Le réseau est simple à comprendre, avec des annonces en anglais et des plans clairs aux arrêts. C’est le moyen de transport le plus pratique et le plus agréable pour explorer la ville à son rythme. Certains tramways sont même des modèles historiques datant des années 1950 — un petit voyage dans le temps à chaque trajet.

Pour rejoindre Miyajima, prenez le tramway jusqu’à Miyajima-guchi (environ 1 heure depuis le centre) puis le ferry JR (inclus dans le JR Pass, sinon 180 yens).

Infos pratiques

Comment venir à Hiroshima

Depuis Tokyo : Le Shinkansen Nozomi relie Tokyo à Hiroshima en environ 4 heures. Avec le Hikari (couvert par le JR Pass), comptez environ 5 heures. C’est un trajet spectaculaire qui longe la côte Pacifique et offre des vues sur le mont Fuji par temps clair.

Depuis Osaka : Le Shinkansen met environ 1h30 pour rejoindre Hiroshima. C’est la base idéale pour un aller-retour dans la journée si vous êtes pressé, mais je recommande vivement d’y passer au moins 2 à 3 nuits pour profiter pleinement de la ville et de Miyajima.

Le JR Pass

Le Japan Rail Pass couvre les Shinkansen (sauf Nozomi et Mizuho), les trains locaux JR et le ferry JR vers Miyajima. Si vous voyagez entre plusieurs villes japonaises, c’est un investissement indispensable. Il existe aussi un JR West Pass plus économique si vous restez dans la région Kansai-Hiroshima.

Où dormir

Le quartier autour de la gare JR d’Hiroshima offre un bon choix d’hôtels business à prix raisonnables (5000-8000 yens la nuit). Pour plus de charme, le quartier du Parc de la Paix permet d’être à proximité des principaux sites. Les auberges de jeunesse sont également nombreuses et de bonne qualité.

Combien de temps rester

Je recommande un minimum de 3 jours : une journée pour le Mémorial et le centre-ville, une journée pour Miyajima (sanctuaire + mont Misen), et une journée pour les sites secondaires (Mitaki-dera, château, quartiers locaux). Avec un jour supplémentaire, tu peux explorer les environs ou simplement te laisser porter par l’ambiance de la ville.

Conclusion

Hiroshima est bien plus qu’un nom dans les manuels d’histoire. C’est une ville qui se reconstruit sans renier son passé, qui offre à voir, à comprendre et à ressentir. Entre nature, mémoire, spiritualité et culture culinaire, elle m’a profondément marqué — plus que je ne l’aurais imaginé avant d’y mettre les pieds.

Ce qui m’a le plus touché, c’est le message universel de paix qui émane de chaque lieu : le mémorial, bien sûr, mais aussi les temples, les jardins, et même l’attitude des habitants. Hiroshima ne demande pas la pitié — elle inspire le respect et l’espoir.

J’espère que cette sélection t’inspirera pour organiser ta propre découverte d’Hiroshima. Et si tu veux creuser chaque lieu, n’hésite pas à explorer les articles complets via les liens ci-dessus !

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À très vite pour la suite du voyage !

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