Carnet de bord du 1er juillet 2025 : Matinée placée sous le signe de l’or et de l’harmonie. Aujourd’hui, je découvre l’un des temples les plus emblématiques du Japon : le Kinkaku-ji, le célèbre Pavillon d’Or. Un lieu qui brille littéralement sous le soleil d’été, et dont la silhouette dorée fait partie des images les plus iconiques de Kyoto.

Le Kinkaku-ji : un temple doré chargé d’histoire

Le Kinkaku-ji — officiellement nommé Rokuon-ji (temple du Jardin des cerfs) — est un temple bouddhiste zen situé au nord-ouest de Kyoto. Son histoire remonte à 1397, lorsque le shōgun Ashikaga Yoshimitsu acquiert le domaine et y fait construire sa villa de retraite. À sa mort, conformément à ses volontés, le lieu est transformé en temple zen de l’école Rinzai.

Ce qui rend le Kinkaku-ji mondialement célèbre, c’est évidemment sa couverture de feuilles d’or pur qui recouvre les deux étages supérieurs du pavillon. Sous le soleil, l’effet est saisissant : le bâtiment semble irradier de lumière, et son reflet dans l’étang Kyōko-chi (le « lac miroir ») crée une image d’une perfection presque irréelle.

En 1950, un moine pyromane incendie le pavillon. Cet événement tragique a inspiré le célèbre roman Le Pavillon d’Or de Yukio Mishima. Le temple actuel est une reconstruction fidèle achevée en 1955, et la couche de feuilles d’or a été entièrement restaurée en 1987. Depuis 1994, le Kinkaku-ji est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, au sein des « Monuments historiques de l’ancienne Kyoto ».

L’architecture unique des trois étages du Kinkaku-ji

L’une des particularités les plus fascinantes du Kinkaku-ji réside dans son architecture : chacun des trois étages adopte un style architectural différent, reflétant les influences culturelles de l’époque.

Premier étage : le style Shinden-zukuri

Le rez-de-chaussée, appelé Hōsui-in (chambre des eaux), est construit dans le style aristocratique de la période Heian. Ses parois ouvertes donnent directement sur l’étang, avec des piliers en bois naturel non recouvert d’or. C’est l’étage le plus sobre, celui qui rappelle les résidences nobles de l’ancienne cour impériale.

Deuxième étage : le style Bukke-zukuri

Le premier étage, nommé Chōondō (grotte des vagues sonores), adopte le style des résidences de samouraïs. Entièrement recouvert de feuilles d’or, il abrite une statue de Kannon (la déesse de la miséricorde) accompagnée des quatre rois célestes. Le contraste avec le rez-de-chaussée est saisissant.

Troisième étage : le style zen chinois

Le dernier étage, le Kukkyōchō (sommet de la beauté ultime), est de style zen chinois. Également recouvert d’or, il est surmonté d’un phénix doré (hōō) qui symbolise la renaissance et la vertu impériale. Ce mélange de trois styles en un seul bâtiment est unique dans l’architecture japonaise.

Les jardins et l’étang Kyōko-chi

Dès l’entrée, on comprend que ce temple attire les foules. Malgré l’afflux de visiteurs, l’ambiance reste respectueuse. Après quelques pas dans une allée boisée, le voici enfin : le Kinkaku-ji se dévoile, resplendissant, posé au bord de son étang miroir. Sa silhouette dorée se reflète avec majesté dans l’eau calme, encadrée par les pins et les collines.

Le Pavillon d'Or du Kinkaku-ji à Kyoto

L’étang Kyōko-chi est parsemé d’îlots miniatures représentant des lieux célèbres du Japon et de la Chine, dans la tradition des jardins de contemplation bouddhistes. Plusieurs pierres émergent de l’eau, chacune avec un nom et une signification symbolique. C’est un jardin conçu pour être contemplé depuis le pavillon, mais aussi en faisant le tour à pied.

Le chemin de visite contourne le plan d’eau, offrant différents points de vue sur le pavillon. On traverse ensuite un jardin typiquement japonais, entre sentiers de gravier blanc, arbres taillés avec soin et petites mousses tapissant les pierres. À chaque détour, une lanterne, un pont de pierre, une source sacrée… C’est un concentré de l’art des jardins zen japonais.

Jardin traditionnel près du Kinkaku-ji à Kyoto

Les ema et le goshuin du Kinkaku-ji

Le parcours nous mène jusqu’à un espace de recueillement où l’on peut accrocher des ema : ces petites plaques en bois sur lesquelles les visiteurs écrivent leurs vœux ou prières. Certains sont illustrés de motifs traditionnels japonais modernes ou mignons — Hello Kitty en kimono n’est jamais bien loin.

Ema suspendus avec des vœux de visiteurs au Kinkaku-ji

Avant de sortir, une boutique propose des souvenirs classiques (porte-bonheurs, encens, cartes postales). Et bien sûr, impossible de repartir sans le goshuin, le sceau calligraphié du temple, en souvenir de cette étape précieuse du voyage. C’est un rituel que je pratique à chaque visite de temple — j’en avais déjà obtenu un magnifique au Ginkaku-ji, le Pavillon d’Argent.

Kinkaku-ji vs Ginkaku-ji : le duel des pavillons de Kyoto

On compare souvent le Kinkaku-ji (Pavillon d’Or) et le Ginkaku-ji (Pavillon d’Argent). Les deux sont des temples zen de Kyoto, mais l’expérience est très différente :

  • Kinkaku-ji : spectaculaire, doré, impérial. L’impact visuel est immédiat. Le temple éblouit par son opulence assumée.
  • Ginkaku-ji : plus subtil, plus intime. Malgré son nom, il n’a jamais été recouvert d’argent. Son charme réside dans la sobriété de ses jardins de sable et de mousse.

Mon conseil : visite les deux. Ils se complètent parfaitement et offrent deux visions du bouddhisme zen japonais. Si tu passes plusieurs jours dans l’ancienne capitale, consulte mon guide que faire à Kyoto pour planifier ton itinéraire.

Quand visiter le Kinkaku-ji ?

Le temple doré de Kyoto est magnifique en toute saison, mais chaque période offre une ambiance différente :

  • Printemps (mars-avril) : les cerisiers en fleurs encadrent le pavillon d’une touche rosée
  • Été (juin-août) : la végétation est d’un vert intense, le reflet dans l’étang est saisissant
  • Automne (novembre) : les érables rouges créent un contraste sublime avec l’or du temple — c’est la période la plus photogénique
  • Hiver (janvier-février) : le Kinkaku-ji sous la neige est une image rare et magique, l’or brillant sous le manteau blanc

Pour découvrir le Japon selon les saisons, j’ai écrit un guide dédié avec mes 10 lieux préférés.

Comment se rendre au Kinkaku-ji depuis Kyoto Station

Le Kinkaku-ji est situé au nord-ouest de Kyoto, un peu excentré. Voici les options :

  • Bus : ligne 205 ou 101 depuis Kyoto Station, arrêt Kinkaku-ji-michi (environ 40 minutes, 230¥)
  • Taxi : environ 20 minutes et 2 000¥ depuis la gare
  • Combiné : si tu visites aussi le Nanzen-ji ou le Fushimi Inari, prends un pass bus journée (700¥) pour te déplacer facilement entre les temples

Infos pratiques

  • Nom officiel : Rokuon-ji (Kinkaku-ji), Kyoto
  • Horaires : 9h – 17h, tous les jours
  • Tarif : 500¥ l’entrée
  • Accès : Bus 205 ou 101 depuis Kyoto Station (environ 40 min)
  • Photos : autorisées à l’extérieur uniquement (pas d’intérieur à visiter)
  • Durée de visite : comptez 45 minutes à 1 heure
  • Classement : patrimoine mondial UNESCO (1994)

En résumé

Le Kinkaku-ji est une icône. Certes très touristique, mais à juste titre : l’esthétique du pavillon doré, la perfection des jardins, la sérénité du lieu… Tout participe à une expérience harmonieuse, apaisante et visuellement inoubliable. Avec son histoire fascinante — de la villa du shōgun à l’incendie de 1950, de la reconstruction à la consécration UNESCO — ce temple de Kyoto incarne à lui seul la beauté et la résilience de la culture japonaise. Une visite incontournable.

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