Carnet de bord, février 2025 : Après mon étape à Bruxelles, j’ai décidé de faire un arrêt à Prague. Ce n’était pas une étape obligatoire sur mon itinéraire vers l’Asie, mais j’y étais déjà passé il y a quelques années. Je gardais en tête le souvenir d’une ville envoûtante, de ruelles pavées baignées de lumière dorée, et j’avais envie d’y revenir, de la redécouvrir avec un regard différent — celui d’un voyageur qui prend son temps.
L’European Sleeper : embarquement nocturne à Bruxelles
Pour relier Bruxelles à Prague, j’ai choisi le European Sleeper, un train de nuit qui effectue le trajet en une douzaine d’heures. L’embarquement se fait en soirée à Bruxelles-Midi, dans une ambiance calme et presque solennelle. Les voyageurs montent à bord avec leurs valises, s’installent dans leur couchette, et la ville s’efface doucement par la fenêtre.
Le confort est simple mais efficace : draps propres, couverture épaisse, une petite lampe de lecture. Le roulement du train berce, et l’on s’endort en traversant la Belgique. Au milieu de la nuit, des arrêts à Amsterdam, puis Berlin. Des voix étouffées sur le quai, puis le silence reprend ses droits.
C’est au petit matin que la magie opère. Tu ouvres les yeux sur un paysage de collines tchèques et de villages endormis. La lumière d’hiver est pâle, rasante. Le contrôleur passe avec un café, et tu réalises que tu es à Prague sans avoir pris l’avion. Voyager de nuit, c’est transformer le trajet en expérience — et limiter son impact carbone.
Redécouvrir Prague au rythme de la marche
J’ai passé trois nuits sur place. Dès mon arrivée, j’ai repris mes marques dans le centre historique, entre ruelles pavées, façades pastel, ponts et collines. Prague se prête merveilleusement bien à la déambulation. J’ai exploré la vieille ville à pied, traversé le pont Charles à l’aube, puis grimpé jusqu’au château pour observer la ville au coucher du soleil.

Ce qui m’a frappé cette fois, c’est le calme que l’on peut trouver dans certains quartiers, en dehors des pics touristiques. La lumière rasante d’hiver, les façades ocre et les hauteurs tranquilles composent un décor apaisant. Tout invite à ralentir, à observer, à apprécier. C’est dans ces moments simples que Prague révèle toute sa beauté.
Le pont Charles à l’aube
Si tu ne devais retenir qu’un seul conseil pour Prague : lève-toi tôt et va sur le pont Charles avant 7 heures du matin. Le pont est quasi désert. Les statues baroques se découpent dans la brume, les lampadaires projettent leur lueur jaune sur les pavés humides, et la Vltava reflète les premières couleurs du jour.
J’ai marché lentement d’un bout à l’autre, m’arrêtant devant chaque statue, observant les pêcheurs en contrebas. Quelques photographes matinaux, un jogger — c’est tout. Le pont Charles à l’aube, c’est Prague dans sa version la plus authentique.
Cafés, goulash et bières artisanales
Prague est une ville qui se savoure autant qu’elle se contemple. La scène des cafés indépendants est en pleine effervescence : des torréfacteurs locaux comme EMA Espresso Bar ou Kavárna Místo proposent des spécialités dans des cadres chaleureux. On s’y pose avec un bouquin, on regarde la vie défiler.
Côté gastronomie, les classiques tchèques ne déçoivent pas. Le goulash servi dans un pain rond évidé est réconfortant après une journée de marche. Les knedlíky (quenelles de pain) accompagnent à peu près tout. Et le trdelník, ce gâteau roulé cuit sur des braises, est devenu un incontournable.
Mais c’est la bière qui reste la vraie star de Prague. Les micro-brasseries se multiplient, et une pinte coûte souvent moins de 2 euros. Chez Strahov Monastery Brewery, on déguste des bières brassées sur place avec vue sur les toits de la ville.
Nový Svět : le quartier secret de Prague
À deux pas du château, il existe un quartier que la plupart des touristes ne voient jamais. Nový Svět (littéralement « Nouveau Monde ») est un dédale de ruelles étroites bordées de petites maisons colorées, de galeries d’art discrètes et de jardins cachés. L’atmosphère y est radicalement différente du reste de Prague : ici, pas de foule, pas de boutiques de souvenirs, juste le silence et la beauté brute.
Les façades portent des noms poétiques gravés dans la pierre : « Au cerf d’or », « À la poire d’or ». On se croirait dans un village de campagne, et pourtant le château de Prague est à cinq minutes à pied. C’est le genre d’endroit qui te rappelle pourquoi tu voyages : pour tomber sur un lieu qui te touche, loin des itinéraires balisés.

Une escale sans avion, mais avec beaucoup de sens
Ce type d’étape n’a rien d’exotique au premier abord. Pourtant, elle marque durablement. Revenir dans une ville qu’on a déjà visitée, mais avec une autre intention, une autre énergie, ça change tout. Prague m’a permis de me poser, de m’imprégner, et de ressentir à nouveau la beauté de voyager lentement.
Chaque kilomètre parcouru sans avion me rapproche de mon objectif. Il me permet aussi de mieux comprendre les lieux que je traverse. Je continue mon itinéraire vers l’Est — la prochaine étape sera Varsovie — avec une certitude renforcée : prendre le temps est un luxe durable.
Infos pratiques pour Prague
Le trajet en European Sleeper
- Ligne : Bruxelles-Midi → Prague (via Amsterdam, Berlin, Dresde)
- Durée : environ 12 heures (départ en soirée, arrivée le matin)
- Tarifs : à partir de 49 € en place assise, 79 € en couchette partagée, 119 € en cabine privée
- Réservation : sur europeansleeper.eu — réserve plusieurs semaines à l’avance, les places partent vite
- À savoir : European Sleeper prévoit un arrêt à Hambourg dès 2026, ce qui enrichira encore l’offre
Où dormir
- Malá Strana : quartier calme et central, idéal pour rayonner à pied
- Vinohrady : résidentiel et branché, moins touristique
- Budget : comptez 40-70 € la nuit en auberge privée ou petit hôtel
Se déplacer
- À pied : le centre se parcourt entièrement à pied
- Transports : métro, tramway et bus (ticket unique 40 CZK / 90 min). Le tramway 22 relie la vieille ville au château.
- Monnaie : couronne tchèque (CZK), environ 25 CZK pour 1 €. Cartes acceptées partout.
Mon avis
Prague est une ville qui se bonifie à chaque visite. La première fois, on est ébloui par la beauté architecturale. La deuxième fois, on découvre les recoins, les quartiers secrets, les cafés où personne ne parle anglais. Voyager en train de nuit pour y arriver ajoute une dimension supplémentaire : celle du voyage lent, où le trajet fait partie de l’aventure autant que la destination.
Si tu hésites entre l’avion et le train pour rejoindre Prague depuis l’Europe de l’Ouest, je te recommande sans hésiter l’European Sleeper. Tu t’endors à Bruxelles, tu te réveilles en Bohême. C’est simple, c’est beau, et c’est une manière concrète de voyager autrement.
🧭 Articles dans le même thème :





Laisser un commentaire