Kyoto : l’ancienne capitale impériale du Japon
Capitale du Japon pendant plus de mille ans (de 794 à 1868), Kyoto est la ville qui concentre le plus de trésors culturels du pays. Avec plus de 2 000 temples et sanctuaires, dont 17 classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, c’est un passage obligé pour quiconque visite le Japon. Ici, chaque rue, chaque ruelle cache un bout d’histoire. Et contrairement à Tokyo qui a été rasée puis reconstruite, Kyoto a été épargnée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Le patrimoine est donc authentique, préservé, vivant.
Perso, Kyoto m’a mis une vraie claque. Le genre de ville où tu arrives en pensant rester deux jours et où tu finis par passer une semaine entière sans t’ennuyer une seule seconde. Je te partage ici mes 10 incontournables — les expériences qui m’ont le plus marqué et que je te recommande absolument si tu visites Kyoto.
1. Kinkaku-ji : le Pavillon d’Or
On commence par le monument le plus célèbre de Kyoto, et probablement l’image la plus iconique du Japon avec le mont Fuji. Le Kinkaku-ji (Pavillon d’Or) est un temple recouvert de feuilles d’or qui se reflète dans un étang miroir. Construit à l’origine en 1397 comme villa de retraite du shōgun Ashikaga Yoshimitsu, il a été converti en temple zen après sa mort.
Le pavillon actuel date de 1955 — un moine l’avait incendié en 1950 (une histoire dingue qui a inspiré le roman de Mishima). La visite est rapide (30-45 minutes) mais l’impact visuel est énorme, surtout par temps ensoleillé quand l’or brille sur l’eau. Arrive tôt le matin pour éviter la foule, c’est l’un des sites les plus visités de Kyoto.
2. Fushimi Inari Taisha : le sanctuaire aux 10 000 torii
Le sanctuaire Fushimi Inari Taisha est probablement l’expérience la plus mémorable de Kyoto. Des milliers de torii vermillon forment un tunnel continu qui serpente sur la montagne Inari. Le chemin complet fait environ 4 km et prend 2-3 heures aller-retour, mais tu n’es pas obligé de tout faire.
Ce qui rend l’endroit magique, c’est la lumière qui filtre à travers les torii. Au lever du soleil ou en fin d’après-midi, les ombres et les couleurs sont absolument incroyables. Mon conseil : vas-y tôt le matin (avant 8h) ou en fin de journée. À midi, c’est bondé et la magie opère moins. Le sanctuaire est dédié à Inari, la divinité du riz et de la prospérité — c’est pour ça que les entreprises japonaises offrent des torii en guise de remerciement pour leur succès commercial.
3. Ginkaku-ji : le Pavillon d’Argent et le chemin de la philosophie
Moins clinquant que son cousin doré, le Ginkaku-ji (Pavillon d’Argent) est pourtant mon préféré des deux. Contrairement à ce que son nom laisse penser, il n’a jamais été recouvert d’argent — le projet initial n’a jamais abouti. Mais c’est justement cette sobriété qui fait son charme. Le jardin zen qui l’entoure, avec son cône de sable censé représenter le mont Fuji, est d’une beauté méditative.
Depuis le Ginkaku-ji, tu peux emprunter le chemin de la philosophie (Tetsugaku no Michi), une promenade de 2 km le long d’un canal bordé de cerisiers. C’est un pur bonheur au printemps, mais c’est agréable en toute saison. Le sentier te mène jusqu’au quartier de Nanzen-ji, ce qui en fait un itinéraire parfait pour une demi-journée.
4. Nanzen-ji : le temple zen et son aqueduc de briques
Le temple Nanzen-ji est l’un des temples zen les plus importants de Kyoto. Son immense porte Sanmon offre une vue panoramique sur la ville depuis son deuxième étage. Mais ce qui surprend le plus ici, c’est l’aqueduc de briques rouges de style romain (le Suirokaku) qui traverse l’enceinte du temple. C’est un vestige de l’ère Meiji (construit en 1890) et le contraste avec l’architecture traditionnelle du temple est saisissant.
Prends le temps d’explorer les sous-temples aussi, notamment le Tenjuan et son magnifique jardin. C’est souvent moins bondé que les grands sites et l’ambiance y est vraiment paisible. Nanzen-ji est gratuit pour l’enceinte principale, seuls la porte Sanmon et les sous-temples sont payants.
5. Château Nijō : la résidence des shōguns
Le château Nijō est un monument unique à Kyoto : c’est le seul grand site qui ne soit ni un temple ni un sanctuaire. Construit en 1603 par Tokugawa Ieyasu, c’est ici que le dernier shōgun a officiellement remis le pouvoir à l’empereur en 1867, mettant fin à l’ère des samouraïs.
L’intérieur est fascinant, surtout les « parquets rossignol » (uguisubari) — des planchers conçus pour grincer quand on marche dessus, servant de système d’alarme anti-ninja. Ce n’est pas une légende : tu entends vraiment les couinements sous tes pieds en visitant. Les jardins qui entourent le château valent aussi le détour, en particulier le jardin Ninomaru avec ses pins taillés et son étang.
6. Arashiyama : la bambouseraie et le quartier ouest
La forêt de bambous d’Arashiyama est l’un des paysages les plus photographiés du Japon. Se retrouver au milieu de ces tiges immenses qui s’élèvent à plus de 20 mètres au-dessus de ta tête, avec la lumière qui filtre à travers, c’est une expérience presque irréelle. Le chemin principal fait environ 500 mètres et se parcourt en 15-20 minutes.
Mais Arashiyama, ce n’est pas que la bambouseraie. Le quartier tout entier vaut le détour : le pont Togetsukyō, le temple Tenryū-ji (classé UNESCO) et son jardin, la rue commerçante avec ses boutiques et ses snacks… Tu peux facilement y passer une demi-journée complète. Là encore, l’astuce c’est d’arriver tôt — à 8h du matin, tu auras la bambouseraie presque pour toi seul.
7. Kiyomizu-dera : le temple de l’eau pure
Perché sur les hauteurs de Higashiyama, le temple Kiyomizu-dera est l’un des plus anciens et des plus célèbres de Kyoto. Sa terrasse en bois, construite sans un seul clou et soutenue par des centaines de piliers, surplombe la canopée avec une vue panoramique sur la ville. L’expression japonaise « sauter du haut de Kiyomizu » (signifiant prendre une décision risquée) vient directement de cette terrasse.
La montée jusqu’au temple à travers les ruelles de Higashiyama fait partie intégrante de l’expérience. Les rues Ninenzaka et Sannenzaka, avec leurs maisons en bois et leurs boutiques traditionnelles, te plongent directement dans le Kyoto ancien. C’est aussi un spot fantastique pour la saison des érables en automne, quand toute la colline s’embrase de rouge et d’orange.
8. Les quartiers de Kyoto : Gion, Pontocho et Higashiyama
Kyoto ne se résume pas à ses temples. La ville a des quartiers avec une atmosphère unique, et se balader dans les rues est presque aussi enrichissant que visiter les sites. Le quartier de Gion est le plus connu : c’est le quartier des geishas (ou plutôt des geiko et maiko, comme on dit à Kyoto). En fin d’après-midi, tu as une chance d’apercevoir une maiko en kimono se rendant à un engagement. La rue Hanamikōji est la plus emblématique.
Pontocho est une ruelle étroite parallèle à la rivière Kamo, bordée de restaurants et d’izakayas. Le soir, avec les lanternes allumées, l’ambiance est incroyable. C’est l’endroit idéal pour dîner. Et Higashiyama, le quartier est, c’est le Kyoto carte postale : ruelles pavées, maisons en bois, boutiques d’artisanat. Combine la visite avec Kiyomizu-dera pour un itinéraire parfait.
9. La gastronomie kyotoïte : bien plus que des sushis
Kyoto a sa propre tradition culinaire, la kaiseki, une cuisine raffinée en plusieurs services qui met en valeur les produits de saison. C’est une expérience à part entière, même si les restaurants kaiseki haut de gamme peuvent être chers. Pour un budget plus raisonnable, teste un repas dans un obanzai — la cuisine familiale de Kyoto avec des petits plats variés.
Parmi les spécialités à ne pas manquer : le yudofu (tofu bouilli, spécialité de la zone de Nanzen-ji), le matcha sous toutes ses formes (Kyoto est la capitale du thé au Japon avec la région voisine d’Uji), et les yatsuhashi (petits gâteaux à la cannelle et au mochi). Pour le street food, le marché Nishiki (surnommé « la cuisine de Kyoto ») est un passage obligé : 5 blocs de stands où tu goûtes à tout.
10. Un coucher de soleil depuis le Fushimi Inari ou Arashiyama
Je termine cette liste par un conseil plutôt qu’un lieu : quel que soit ton programme, garde un créneau pour un coucher de soleil. Kyoto est entourée de collines et la lumière de fin de journée y est exceptionnelle. Mes deux spots préférés : la montée du Fushimi Inari en fin d’après-midi (les torii au soleil couchant, c’est magique) et le pont Togetsukyō à Arashiyama avec la montagne en arrière-plan.
C’est dans ces moments-là, quand la foule est partie et que la lumière dorée enveloppe les temples, que Kyoto révèle vraiment sa beauté. Prends le temps de t’asseoir, de respirer, et d’apprécier. Tu es dans l’ancienne capitale impériale du Japon, après tout.
Combien de jours pour visiter Kyoto ?
C’est la question que tout le monde pose, et ma réponse est claire : 3 à 4 jours minimum. Avec 3 jours, tu peux couvrir les incontournables en organisant bien ton itinéraire par zone géographique. Avec 4-5 jours, tu auras le temps de flâner, de découvrir des quartiers secondaires et de revenir sur tes coups de cœur.
Un itinéraire possible :
- Jour 1 : Fushimi Inari (matin) + Gion et Pontocho (après-midi/soir)
- Jour 2 : Kinkaku-ji + Château Nijō + Nishiki Market
- Jour 3 : Ginkaku-ji + Chemin de la philosophie + Nanzen-ji + Higashiyama + Kiyomizu-dera
- Jour 4 : Arashiyama (bambouseraie + Tenryū-ji) + balade libre
Se déplacer à Kyoto : bus, métro ou vélo ?
Kyoto n’a que deux lignes de métro, ce qui ne couvre pas grand-chose. Le moyen de transport roi ici, c’est le bus. Le réseau de bus municipaux dessert quasiment tous les sites touristiques. Un trajet coûte 230 ¥ (tarif fixe), et si tu prends le bus plus de 3 fois dans la journée, le pass bus journalier à 700 ¥ devient rentable.
Pour les plus sportifs, le vélo est un excellent choix. Kyoto est relativement plate (sauf vers les collines de l’est) et bien équipée en pistes cyclables. Tu trouves des locations de vélos un peu partout autour de la gare, à partir de 1 000 ¥ la journée. C’est ma méthode préférée pour explorer les quartiers à mon rythme, en m’arrêtant quand je veux.
Si tu as le Japan Rail Pass, sache qu’il couvre le trajet en shinkansen depuis Tokyo (environ 2h15 avec le Nozomi… enfin le Hikari, le Nozomi n’est pas couvert par le JR Pass). La gare de Kyoto est le point de départ idéal pour rayonner dans la ville.
🌍 Un peu plus loin de Kyoto, le temple Nyoirinji vaut aussi le détour pour son ambiance unique et ses grenouilles kawaii.
🧭 Articles dans le même thème :





Laisser un commentaire